Gabès : « La petite Tchernobyl de Tunisie » revendique son droit de vivre

Par Zoé Vernin**

A peine entrée en ville la première fois, « je n’ai pas seulement senti la pollution, je l’ai goutée », pour reprendre les mots d’une femme de Gabès que je rencontrerais bien plus tard. Le lendemain, quand je me suis retrouvée devant le Groupe chimique tunisien, sans doute toutes ces sentences lues et entendues se sont bousculées en même temps.  Je n’ai pas trouvé beaucoup de mots pour exprimer mon désarroi aux militants qui m’accompagnaient. Je suis restée un moment, décontenancée, à regarder un monstre aux tentacules fumantes, déverser ses boues noires dans la mer, à une centaine de mètres des premières habitations.

Les sinistres dilemmes que ces injustices environnementales mettent en lumière ou engendrent à Gabès ont des explications, bien que compréhensibles, difficilement acceptables.

Les témoignages et les actes de résistance sont néanmoins porteurs d’une partie de la vérité et de la solution. Aujourd’hui beaucoup se soulèvent contre la destruction d’un patrimoine écologique inestimable et nourricier et contre la dégradation de la santé des populations à qui on n’accorde ni le droit de savoir ni les moyens de se soigner.

Lire la suite : http://emi-cfd.com/echanges-partenariats/?p=11053

** Zoé Vernin : http://emi-cfd.com/echanges-partenariats/?author=86

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Synopsis : Couscous : Les Graines de la Dignité / Seeds of Dignity

Couscous: Seeds of Dignity

https://vimeo.com/219816447

Synopsis

Couscous, with its various recipes, constitutes the staple food of all of the populations of the Maghreb, including Tunisia. It is for this region what rice is for most of Asia.

Visitors to Tunisian homes are invariably received around meals of couscous. But while wealthy households typically have a variety of additional meal options on hand, poorer ones often rely solely on couscous—even “naked” or plain—for daily sustenance. Beyond representing traditional norms of hospitality, a dish of couscous is also rich in information on the economic, social, cultural and ecological circumstances of those who produce and prepare it.

The documentary « Couscous: Seeds of Dignity », which focuses on the political, social, economic and ecological conditions of cereal and couscous production, demonstrates how the food question is in fact at the heart of the issue of individual and collective human dignity as well as local and national food independence and sovereignty.

Almost self-sufficient in cereals until the beginning of the 20th century, Tunisia now imports more than half of its food needs as dependency increases from one year to the next.

Dignity—the foremost demand of the hundreds of thousands of Tunisian women and men who rose up in December 2010 and January 2011 and succeeded in bringing down the dictatorship of Ben Ali—also means the ability to eat without having to beg. Before ending his own life, Mohamed Bouazizi demanded dignity… and in his gesture there was the explosive cry: “dignity or death”. In « the people want », there was also « the people want food dignity ».

The film « Couscous: Seeds of Dignity » is an invitation to open, serious and collective debate on the policies of food dependency pursued by all Tunisian governments from the end of the French colonial era until today, six years after the fall of the Ben Ali regime. Dignity is not a slogan; it is a condition of life. Without food sovereignty, dignity is no more than an abuse of language. And without an independent and dignified peasantry, there can be no collective dignity. In the end, a healthy serving of dignity can also be found in a plate of couscous.

Couscous : Les Graines de la Dignité.

https://vimeo.com/219819767

Synopsis :

Le couscous, avec ses différentes « recettes », constitue la base alimentaire de l’ensemble des populations du Maghreb, dont la Tunisie. Il est pour cette région, ce qu’est le riz pour une grande partie de l’Asie.

Dans toutes les maisons tunisiennes, le visiteur est forcément reçu autour d’un couscous. Mais si dans les maisons aisées, le couscous est un plat possible parmi tant d’autres, dans les maisons pauvres, le couscous, même « nu », est souvent le plat quotidien. Au-delà des normes traditionnelles de l’hospitalité, de la nature et de la qualité de la « garniture » qui couvre le couscous, un plat de couscous est aussi une mine d’informations sur les conditions économiques, sociales, « culturelles » et même écologiques de celles (souvent) et de ceux (plus rarement) qui le « fabriquent », le cuisinent et l’offrent.

En se concentrant sur la production des céréales nécessaires et sur les conditions politiques, sociales, économiques et écologiques de fabrication et de préparation du couscous, le film « Couscous : les Graines de la Dignité » essaie de montrer qu’au-delà des discours et des postures idéologiques et/ou académiques, la question alimentaire est au cœur des problématiques liées à la dignité humaine individuelle et collective, à l’indépendance et à la souveraineté alimentaire familiales, locales et nationales. Pratiquement autosuffisante en céréales jusqu’au début du 20ème siècle, la Tunisie importe aujourd’hui plus de la moitié de ses besoins et voit sa dépendance alimentaire s’aggraver d’une année à l’autre.

La dignité, qui a été la demande principale des centaines de milliers de personnes -femmes et hommes- qui se sont soulevées en décembre 2010 et janvier 2011 et ont réussi à faire tomber la dictature de ben Ali, signifie aussi la capacité à pouvoir se nourrir sans devoir tendre la main. La dignité que cherchait Mohamed Bouazizi avant de mettre fin à sa vie… Dans son geste, il y avait un cri déflagrateur : « La dignité ou la mort ». Dans « le peuple veut », il y avait aussi « le peuple veut la dignité alimentaire ».

Le film « Couscous : Les Graines de la Dignité » est d’abord une invitation à un débat ouvert, sérieux et collectif sur les politiques de dépendance alimentaire poursuivies par tous les gouvernements de la Tunisie indépendante, depuis la fin de la colonisation française directe et jusqu’à aujourd’hui, six ans après la chute du régime de Ben Ali. La Dignité n’est pas un slogan. C’est une condition de vie. Sans la souveraineté alimentaire, la dignité n’est plus qu’un abus de langage. Et sans une paysannerie indépendante et digne, il ne peut y avoir de dignité collective. La dignité de chacun.e est aussi dans l’assiette … de couscous.

 

Réalisation/Director : Habib Ayeb

Titre original/Original title : كسكسي : حبوب الكرامة

Titre en français/French title : Couscous : Les Graines de la Dignité.

Titre en anglais/English title : Couscous : Seeds of Dignity

Année/year : 2017

 

Conseillers Scientifiques/Scientific advisors : Ray Bush & Amine Slim

Montage/Editing : Najwa Khéchimi

Image/Cinematography : Marwen Trabelsi & Ahmad essid

Etalonnage/Color grading : Idir Ben Slama

Mixage/Mixing : Yazid Chebbi.

Production : Inside

 

 

 

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Ecrits à propos de « Couscous : Les Graines de la Dignité »/Writings about « Couscous: The Seeds of Dignity »

Bande d’annonce : « Couscous : Les graines de la dignité » : https://vimeo.com/219819767

Trailer: « Couscous: Seeds of Dignity » : https://vimeo.com/219707788

Intervista ad Habib Ayeb, autore del documentario “Couscous”- les graines de la dignité”

By: Patrizia Mancini

« Un filo rosso unisce da anni il lavoro di Habib Ayeb: da « Fellahin » a « Gabes Labes » fino alla sua ultima fatica « Couscous » l’universitario e ricercatore tunisino ci parla di sovranità alimentare attraverso gli incontri con contadini in ogni parte della Tunisia. »

. »Vi sono persone che qui in Tunisia non sentiamo e che non vediamo mai, né alla televisione, né per strada o alle riunioni. Quando ce le fanno vedere è per fare del folklore, mai per fare loro domande. Queste persone sono i contadini, che producono il 50% del nostro fabbisogno alimentare e hanno un ruolo fondamentale nella conservazione e protezione delle risorse naturali e dell’ambiente. Sono sempre più spinti verso un percorso di marginalizzazione e di esclusione, più poveri dato che hanno sempre meno risorse a disposizione e le loro entrate continuano a diminuire. E’ a loro che ho voluto dare voce.

http://www.tunisiainred.org/tir/?p=7276

 

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Politiques agricoles et dépendances alimentaires en Afrique du Nord Séminaire de recherches. Tunis 19 Mai 2017

Le séminaire se tiendra dans la salle de réunion de l’FTDES à Tunis. Adresse : 47, Avenue Farhat Hached Bloc « A », 2ème étage. Tunis 1001. Lire la suite… 

Politiques agricoles et dépendances alimentaires en Afrique du Nord

Séminaire de recherches, en partenariat avec  OSAE[1] et FTDES[2]

Tunis 19 Mai 2017.

Organisateurs : Habib Ayeb & Ray Bush.

(Voir Programme Provisoire ci-dessous)

Présentation :

Le séminaire prévu à Tunis le 19 Mai 2017 se base sur un programme de recherche intitulé « Food Sovereignty, Security and rural livelihoods in the Arab world: the cases of Egypt, Tunisia and Morocco » (Souveraineté alimentaire, sécurité et conditions de vie rurale dans le monde arabe : les cas de l’Egypte, la Tunisie et le Maroc) – 2015 – 2017.

Regroupant des chercheurs.es, des étudiant.e.s avancé.e.s et des membres de la société civile, le séminaire vise à :

  • Partager avec les partcipant.e.s, communicant.e.s ou non, les éléments et les réflexions, et les premiers résultats, du projet en cours, dans le but de l’enrichir par les discussions et les échanges.
  • Recueillir et discuter les apports empiriques ou théoriques des différent.e.s intervenant.e.s.
  • Discuter et rassembler des propositions académiques, pratiques et politiques sur la question de souveraineté/sécurité alimentaire en Tunisie et ailleurs.
  • Réfléchir ensemble à des actions et des possibles activités académiques et pratiques à mener et/ou réaliser.

En Tunisie, en Egypte et au Maroc[3] les politiques agricoles ont globalement connu des orientations relativement similaires depuis les années cinquante jusqu’à nos jours. Elaborées et conduites sous les deux objectifs principaux de la modernisation technique et de la sécurité alimentaire, ces politiques se sont progressivement éloignées des questions sociales locales (campagne, petites paysanneries, autoconsommation, etc.) pour se concentrer sur les taux de croissance nationale du secteur agricole et sur l’équilibre de la balance commerciale agricole. Dirigistes et volontaristes à partir des années cinquante et soixante, ces politiques se sont progressivement libéralisées avec une plus forte implication des investisseurs privés vivement encouragés et soutenus par les pouvoirs politiques. Pour aller vite, on pourrait dire qu’à des politiques « socialisantes », avec notamment la réforme agraire de Nasser en Egypte et le collectivisme en Tunisie, ont suivi, à partir des années 1980, des politiques de libéralisation économique, d’ajustements structurels et de privatisations (y compris des ressources hydrauliques et foncières).

Les deux phases s’inscrivent parfaitement sous le double signe conceptuel de l’idéologie de l’irrigation et de la modernité technique. Les leaders des années 1950 et 1960, Nasser en Egypte, Bourguiba en Tunisie et Hassan II au Maroc, (leurs successeurs ont poursuivi dans la même direction mais sans vision globale) étaient porteurs d’un projet de modernisation technique et de développement bâti sur la nécessité de mobiliser l’ensemble des ressources hydrauliques au service du développement. Cela a donné le Haut Barrage d‘Assouan en Egypte et des dizaines de barrages, moins connus que le premier, au Maroc et en Tunisie. Les grandes infrastructures hydrauliques (barrages, canaux, sondages profonds…) devaient être les moteurs modernes du développement du secteur agricole qui devait, à son tour, soutenir le développement économique global par le transfert de capitaux vers les autres secteurs de l’économie, dont l’industrie, les services…

Cette évolution des politiques agricoles s’est faite au détriment des petites paysanneries qui ont subi des processus de dépossession et de marginalisation induits par la libéralisation du secteur, voulue par l’Etat et par les grandes institutions financières et le secteur privé arguant de la nécessité de développer une agriculture moderne, hautement mécanisée et orientée vers l’export. Toutefois, malgré un indéniable « développement » technique, ces trois pays ont subi en 2008 une crise alimentaire extrêmement pénalisante qui a reposé, avec insistance, la récurrente question de l’insécurité et de la dépendance alimentaire, qui n’est pas sans liens avec les révolutions de 2011 dans certains pays de la région.

Tout en donnant une place centrale à la Tunisie (pour des raisons strictement pratiques), le séminaire qui se tiendra à Tunis le 19 Mai 2017, tentera d’aborder l’ensemble des éléments de la question alimentaire -à des échelles différentes du local au global.

PS : Le séminaire se tiendra dans la salle de réunion de l’FTDES à Tunis. Adresse : 47, Avenue Farhat Hached، Bloc « A », 2ème étage. Tunis 1001.

Programme

 

9h00 – 10h30 :

– Ouverture (9h00-9h30)

– Ray Bush : « Food security, food sovereignty and food protest: Egypt and Tunisia » (9h30-10h30)

Ray Bush is professor of African Studies and Development Politics. POLIS. University of Leeds. UK

10h30 – 11h00 : Pause café

11h00 – 12h00 : Max Ajl : « Delinking, Food Sovereignty, and Populist Agronomy Towards an Intellectual History of the Peasant Path in the Global South »

Max Ajl is a doctoral student in Development Sociology at Cornell University. He edits Jadaliyya’s Palestine page.

12h00 – 13h00 : François Ireton : « Les productions, consommations et importations de céréales en Egypte et en Tunisie : évolution des niveaux nationaux de dépendance alimentaire (1960-2015) ».

François Ireton est sociologue. CNRS

13h00 – 14h30 : déjeuner

14h30 – 15h30 : Amine Slim : « L’agriculteur, acteur clé de la conservation de la biodiversité »

Amine Slim est chercheur à la Banque Nationale des Gènes BNG.

15h30 – 16h30 : Mustapha Juili : « La balance alimentaire en Tunisie, au-delà d’une lecture mercantile »

Mustapha Juili est Maitre assistant à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Nabeul et chercheur au labo Economie Rurale, INRAT Tunis.

16h30 – 17h00 : Pause café.

17h00-18h00 : Habib Ayeb : La question foncière en Tunisie ; une clé de lecture de la dépendance alimentaire.

Habib Ayeb est Maître de Conférence. Département de Géographie. Université Paris 8.

18h00-19h00 : Corinna Mullin & Max Ajl : Discutant.e.s

Corinna Mullin is a visiting Assistant Professor of International Relations at the University of Tunis as well as a Research Associate in the Department of Politics and International Studies at the School of Oriental and African Studies (SOAS).

 

 

PS : Le séminaire se tiendra dans la salle de réunion de l’FTDES à Tunis. Adresse : 47, Avenue Farhat Hached، Bloc « A », 2ème étage. Tunis 1001.

[1] OSAE : Observatoire de la Souveraineté Alimentaire et de l’Environnement.

[2] FTDES : Forum Tunisien des Droits Sociaux et Economiques.

[3] Le projet de recherche, en cours, « couvre » les trois pays de l’Afrique du Nord (Egypte, Tunisie et Maroc). Sa première phase a couvert l’Egypte et la Tunisie. La seconde couvrira la Tunisie et le Maroc.

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Appel à Communication : Séminaire « Politiques agricoles et dépendances alimentaires en Afrique du Nord »

Politiques agricoles et dépendances alimentaires en Afrique du Nord

Séminaire de recherches, en partenariat avec

OSAE[1] et FTDES[2]

Tunis 19 Mai 2017.

Merci d’envoyer Titre et résumé avant dimanche 30 Avril soir.

Les propositions sont à envoyer à habib.ayeb1@gmail.com

Organisateurs : Habib Ayeb & Ray Bush.

Présentation de la journée :

Le séminaire prévu à Tunis le 19 Mai 2017 se base sur un programme de recherche intitulé « Food Sovereignty, Security and rural livelihoods in the Arab world: the cases of Egypt, Tunisia and Morocco » (Souveraineté alimentaire, sécurité et conditions de vie rurale dans le monde arabe : les cas de l’Egypte, la Tunisie et le Maroc) – 2015 – 2017.

Regroupant des chercheurs.es, des étudiant.e.s avancé.e.s et des membres de la société civile, le séminaire vise à :

  • Partager avec les partcipant.e.s, communicant.e.s ou non, les éléments et les réflexions, et les premiers résultats, du projet en cours, dans le but de l’enrichir par les discussions et les échanges.
  • Recueillir et discuter les apports empiriques ou théoriques des différent.e.s intervenant.e.s.
  • Discuter et rassembler des propositions académiques, pratiques et politiques sur la question de souveraineté/sécurité alimentaire en Tunisie et ailleurs.
  • Réfléchir ensemble à des actions et des possibles activités académiques et pratiques à mener et/ou réaliser.

En Tunisie, en Egypte et au Maroc[3] les politiques agricoles ont globalement connu des orientations relativement similaires depuis les années cinquante jusqu’à nos jours. Elaborées et conduites sous les deux objectifs principaux de la modernisation technique et de la sécurité alimentaire, ces politiques se sont progressivement éloignées des questions sociales locales (campagne, petites paysanneries, autoconsommation, etc.) pour se concentrer sur les taux de croissance nationale du secteur agricole et sur l’équilibre de la balance commerciale agricole. Dirigistes et volontaristes à partir des années cinquante et soixante, ces politiques se sont progressivement libéralisées avec une plus forte implication des investisseurs privés vivement encouragés et soutenus par les pouvoirs politiques. Pour aller vite, on pourrait dire qu’à des politiques « socialisantes », avec notamment la réforme agraire de Nasser en Egypte et le collectivisme en Tunisie, ont suivi, à partir des années 1980, des politiques de libéralisation économique, d’ajustements structurels et de privatisations (y compris des ressources hydrauliques et foncières).

Les deux phases s’inscrivent parfaitement sous le double signe conceptuel de l’idéologie de l’irrigation et de la modernité technique. Les leaders des années 1950 et 1960, Nasser en Egypte, Bourguiba en Tunisie et Hassan II au Maroc, (leurs successeurs ont poursuivi dans la même direction mais sans vision globale) étaient porteurs d’un projet de modernisation technique et de développement bâti sur la nécessité de mobiliser l’ensemble des ressources hydrauliques au service du développement. Cela a donné le Haut Barrage d‘Assouan en Egypte et des dizaines de barrages, moins connus que le premier, au Maroc et en Tunisie. Les grandes infrastructures hydrauliques (barrages, canaux, sondages profonds…) devaient être les moteurs modernes du développement du secteur agricole qui devait, à son tour, soutenir le développement économique global par le transfert de capitaux vers les autres secteurs de l’économie, dont l’industrie, les services…

Cette évolution des politiques agricoles s’est faite au détriment des petites paysanneries qui ont subi des processus de dépossession et de marginalisation induits par la libéralisation du secteur, voulue par l’Etat et par les grandes institutions financières et le secteur privé arguant de la nécessité de développer une agriculture moderne, hautement mécanisée et orientée vers l’export. Toutefois, malgré un indéniable « développement » technique, ces trois pays ont subi en 2008 une crise alimentaire extrêmement pénalisante qui a reposé, avec insistance, la récurrente question de l’insécurité et de la dépendance alimentaire, qui n’est pas sans liens avec les révolutions de 2011 dans certains pays de la région.

Tout en donnant une place centrale à la Tunisie (pour des raisons strictement pratiques), le séminaire qui se tiendra à Tunis le 19 Mai 2017, tentera d’aborder l’ensemble des éléments de la question alimentaire -à des échelles différentes du local au global.

PS : Le séminaire se tiendra dans la salle de réunion de l’FTDES à Tunis de 9h à. Un déjeuner est prévu pour les participant.e.s.

Adresse : 47, Avenue Farhat Hached، Bloc « A », 2ème étage، Tunis 1001.

[1] OSAE : Observatoire de la Souveraineté Alimentaire et de l’Environnement.

[2] FTDES : Forum Tunisien des Droits Sociaux et Economiques.

[3] Le projet de recherche, en cours, « couvre » les trois pays de l’Afrique du Nord (Egypte, Tunisie et Maroc). Sa première phase a couvert l’Egypte et la Tunisie. La seconde couvrira la Tunisie et le Maroc.

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