Dynamiques des protestations sociales en Algérie avant et après 2011

Séminaire de Master, Doctorat et Recherches

Mais où sont donc passés le pain, les droits et la justice sociale ?

Situations environnementales, économiques, sociales et politiques au Maghreb et au Moyen Orient depuis 2010

Séance du 1er Mars 2017

Université Paris 8 à Saint Denis. Mercredi 1er Mars, de 15h à 18h. Bâtiment D. Salle D008. Métro Saint-Denis Université. Ligne 13 (Terminus)

Naoual Belakhdar* : « Dynamiques des protestations sociales en Algérie avant et après 2011 ».

Résumé :

La récente chute des prix du pétrole sur le marché international a forcé le gouvernement algérien à remettre en question la politique de redistribution qui a caractérisé la période Bouteflika. Des nouvelles mesures d’austérité, telle que la “Loi de finance 2017”, ainsi que la hausse des prix de produits de consommation ont suscité une vague de mécontentement et de tensions sociales, s’exprimant par des mouvements d’émeutes, des grèves de commerçants, ainsi que par des appels au boycott de certains produits de consommation, jugés excessivement chers. Si ces récents développements semblent conforter le paradigme rentier, nous nous proposons de surmonter le déterminisme inhérent à ce dernier et d’inscrire ces dynamiques protestataires dans le temps, en nous penchant sur les dynamiques contestataires, révélatrices du caractère contradictoire des relations Etat-société en Algérie, qui ont précédé, accompagné et suivi les révolutions arabes de 2011.

En effet, si les tentatives de mobilisation de masse ont échoué en 2011 (Baamara 2012), on observe néanmoins un déplacement de la participation politique hors de la sphère institutionnelle, et ce, de manière plus prononcée depuis la fin de la « décennie noire ». L’espace contestataire algérien est ainsi caractérisé par un large registre de protestations émanant de catégories socioprofessionnelles diverses (Benadji 2007; Faath 2008; Laarcher/Terzi 2012), allant de pratiques de résistance au quotidien, d’actions subversives d’« exit », telles que la « harga » (Ouaissa 2014), d’émeutes  locales à de mouvements sociaux plus établis, tels le mouvement des chômeurs au Sud du pays (Belakhdar 2015). Ces contestations sont cependant généralement caractérisées par leur courte durée, leur atomisation, et des tentatives de cooptation.

Ainsi nous pencherons- nous sur trois « moments » et types de protestations sociales qui ont marqué l’Algérie avant et après 2011, en puisant dans la recherche sur la participation politique non conventionnelle ainsi que la sociologie des mouvements sociaux, afin d’appréhender les ressorts, les conditions d’émergence et les limites de ces mobilisations et d’offrir des pistes pour répondre à la question de quoi la centralité de la question sociale serait-elle le nom ?

* Naoual Belakhdar est politologue, chercheuse associée à l’Otto-Suhr Institute for Political Sciences, Center for Middle Eastern and North African Politics (Freie Universität, Berlin).

Publicités

A propos Habib Ayeb

Géographe et Réalisateur
Cet article, publié dans Actualités & Infos, Algérie, Mouvements sociaux, Uncategorized, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s