Colloque International Les mouvements sociaux en « Afrique du Nord » (Maghreb et Egypte) avant, pendant et après 2011 : contextes, processus et caractéristiques.

Colloque International

Les mouvements sociaux en « Afrique du Nord » (Maghreb et Egypte) avant, pendant et après 2011 : contextes, processus et caractéristiques.

Organisé par

Habib Ayeb & François Ireton

Université Paris 8 à Saint Denis – France

Et

Sami Zemni

Université de Gand/Gent – Belgique

25, 26 et 27 mai 2016

A l’université de Paris 8 – Vincennes à Saint Denis*

Dans les pays d’Afrique du Nord, des mouvements sociaux en contextes politiques et socio-économiques variés, à recrutements et participations socialement différenciés, à contenus revendicatifs et à modes de protestation différents, à échelles démographique et géographique de mobilisation d’ampleurs inégales et à déroulements temporels (durées et rythmes) spécifiques, ont précédé, accompagné et suivi la vague de soulèvements, dits « révolutionnaires », de l’année 2011.

Les contributions rassemblées pour cette journée et demie de réflexion portent, sans aucune volonté d’exhaustivité, sur des mouvements sociaux « sectoriels » qui se sont déroulés et/ou se déroulent au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Egypte. Chacun fera l’objet d’un exposé de 25-30 minutes et d’une discussion de 15-20 minutes. L’accent sera essentiellement mis, dans l’exposé, sur une description fine des acteurs, des contextes, des formes de mobilisation, des contenus revendicatifs, de leurs enjeux et du déroulement du mouvement, afin de livrer aux participants les matériaux permettant la discussion des analyses esquissées par l’exposant(e).

Après deux introductions de « cadrage » (la première rappelant quelques définitions et approches théoriques souvent utilisées pour l’analyse des mouvement sociaux et la seconde posant le problème de leur impact politique et proposant une nouvelle approche pour leur analyse), seront abordés successivement des mouvements sociaux croisant jeunesse et appartenance religieuse (Egypte), paysannerie et questions agraires (Tunisie), paysannerie, femmes et problèmes fonciers (Maroc), chômeurs (Algérie), marginaux « socio-spatiaux » (Tunisie), travailleurs de l’industrie (Egypte), pour terminer par les relations entre mouvements sociaux et Etat (Algérie). Une conclusion tentera d’examiner en quoi, dans quelle mesure et comment les mouvement sociaux sectoriels abordés ont eu et/ou ont un impact sur les infléchissements ou changements des politiques publiques des pays concernés.

Programme

25 Mai

13h30 – 15h30

Session 1 : Introductions

François Ireton (Introduction générale) : En amont des mouvements sociaux : sens ordinaire de la justice, économie morale et stratégies de résistance et de contournement.

François Ireton est sociologue. CNRS

Sami Zemni & Habib Ayeb : Les mouvements sociaux en « Afrique du Nord » avant, pendant et après 2011 : contextes et processus.

Sami Zemni est Professeur de sciences politiques et sociales au Center for Conflict and Development Studies à l’Université de Gand (Belgique).

Habib Ayeb est maître de conférences à l’université Paris 8 à Saint-Denis

15h30 – 16h00

Pause Café

16h00 – 17h30

Session 2 : Jeunesses et mouvements sociaux

Blandine Destremau & Myriam Catusse : Gouverner les jeunes, gérer la société

Blandine Destremau est directrice de recherches, CNRS Iris/EHESS

Myriam Catusse est chercheure à l’IFPO

Caroline Barbary : La formation d’une jeunesse militante copte  – le cas de l’union de Maspero

Caroline Barbary est doctorante en sociologie du politique. IEDES

26 Mai

9h30 – 10h15

Session 3 : Questions agraires et mouvements sociaux

Max AJL : From Country to City: Tunisia’s Agrarian Question Revisited

Max Ajl is a doctoral student in Development Sociology at Cornell University. He edits Jadaliyya’s Palestine page.

10h15 – 10h45

Pause Café

10h45 – 12h15

Mohamed MAHDI : Un Mouvement social du Moyen Atlas face à la « hogra »

Mohamed MAHDI est sociologue, professeur à l’Ecole Nationale d’Agriculture – Meknès – Maroc

Yasmine Berriane : Le mouvement des Soulaliyates : une mobilisation au croisement des revendications économiques et de « droits humains » au Maroc

Yasmine Berriane est Maitre assistance, Université de Zurich.

12h15 – 14h

Déjeuner

14h00 – 15h30

Session 4 : Marginalité, chômage et mouvements sociaux

Naoual Belakhdar : Travail, liberté, justice sociale » – perspectives sur le mouvement des chômeurs algériens.

Naoual Belakhdar est chercheure associée à l’université Freie Universität. Berlin.

Olfa Lamloum : La contestation à l’épreuve des marges (Tunisie)

Olfa Lalmoum est Politologue, Directrice International Alert – Tunis.

15h30 – 16h00

Pause Café

16h – 17h30

Session 5

Brecht De Smet : The Labor of Revolution and the Revolution of Labor (Egypt)

Brecht De Smet is Post-doctoral lecturer and researcher. Department of Conflict and Development Studies. Ghent University (BE)

Naim Zaidi : Dépolitisation des mouvements sociaux en Algérie

Naim Zaidi est Maitre assistant à la Faculté des Sciences politiques et Relations internationales ; Alger (Algérie)

17h30 – 18h 

Conclusion

27 Mai

9h30 – 18h00

Journée organisée avec Anna Roussillon

Projections de Films documentaires (la programmation de cette journée, sera communiquée ultérieurement)

 

Résumés des communications

 

25 Mai

13h30 – 15h30

Session 1 : Introductions

François Ireton (Introduction générale) : En amont des mouvements sociaux : sens ordinaire de la justice, économie morale et stratégies de résistance et de contournement.

Sami Zemni & Habib Ayeb : Les mouvements sociaux en « Afrique du Nord » avant, pendant et après 2011 : contextes et processus.

Dans les pays d’Afrique du Nord, des mouvements sociaux dans des contextes politiques et socio-économiques variés, à recrutements et participations socialement différenciés, à contenus revendicatif et à modes de protestation différents, à échelles démographique et géographique de mobilisation d’ampleurs inégales et à déroulement temporel (durées et rythmes) spécifiques, ont précédé, accompagné et suivi la vague de soulèvements, dits « révolutionnaires » de l’année 2011.

La question « comment interpréter le rôle que les mouvements sociaux jouent dans le changement politique » est aujourd’hui dans le centre d’intérêt des études sur le Moyen-Orient et le Maghreb. Pendant longtemps l’hégémonie académique Anglo-Saxonne formatait l’analyse politique de la région ) partir du paradigme des études sur la démocratisation ou, au contraire, à partir du paradigme de la durabilité de l’autoritarisme. Depuis 2011, un nouveau paradigme, celui des mouvements sociaux ou mieux le paradigme du « contentious politics » s’est établie comme un horizon indépassable pour analyser le changements politiques fondamentaux dans la région. Dans cette introduction nous voulons présenter un état des lieux de la recherche sur la région à partir des mouvements sociaux en mettant davantage en dialogue la tradition Anglo-Saxonne – focalisé sur la comparaison de variables – et la tradition francophone plus ancrée dans une tradition de description « en profondeur » du changements à partir d’une connaissance riche du terrain dans lesquels les mouvements sociaux opèrent.

15h30 – 16h00

Pause Café

16h00 – 17h30

Session 2 : Jeunesses et mouvements sociaux

Blandine Destremau & Myriam Catusse : Gouverner les jeunes, gérer la société

Les mouvements sociaux qui ont secoué le monde arabe ont été, de façon prépondérante, présentés comme « mouvements de jeunes ». Neuf études réalisées dans le cadre d’un projet européen permettent de montrer comment, dans quatre sphères- l’emploi, la migration, les politiques de la famille et du statut personnel et l’aménagement spatial – les politiques publiques de six pays de l’Est et du Sud méditerranéen (Tunisie, Maroc, Egypte, Palestine, Liban et Turquie) construisent « les jeunes » comme un problème plus qu’elles ne tentent de résoudre les problèmes de certains groupes de jeunes. Dans une perspective intersectionnelle, trois modes de gouvernement des jeunes seront abordés : la construction performative de représentations qui divisent « les jeunes » en catégories d’intervention fragmentées (notamment selon les lignes de genre, de sécurité et d’intégration sur les marchés), épousant un schéma dualiste (les bons jeunes vs. les jeunes à problèmes); la gestion du temps, des promesses, des attentes et des relations entre générations ; et la gestion des visibilités, invisibilités, audibilités et silences. Le gouvernement des jeunes apparaît ainsi comme une forme de gestion des sociétés, qui tend à produire et reproduire des ordres sociaux, de pouvoir et de contrôle des ressources.

Caroline Barbary : La formation d’une jeunesse militante copte  – le cas de l’union de Maspero

La participation massive des jeunes aux événements du 25 janvier 2011 a orienté le discours public vers une énoncée normative qui est « la révolution des jeunes -thawrat al châbab ». En plus des médias, le régime[1] et les acteurs des forces politiques[2] naturalisent cette acceptation par des formules comme « les jeunes de la révolution ont refusé, ont conclu, sont mobilisés ou même où sont passés les jeunes de la révolution ». La jeunesse de la révolution serait donc une notion socialement construite à triple niveau, à savoir par le régime, les médias et les acteurs qui s’identifient à cette notion. Pourtant, un jeune militant copte ne participe pas à la révolution pour les mêmes motifs ni les mêmes motivations qu’un jeune militant socialiste révolutionnaire par exemple, ou encore un jeune militant venant d’une zone rurale aurait certainement un autre rapport au politique qu’un jeune militant urbain. Sous le label « jeunes de la révolution» se cache de profondes divergences de genre, de classe, de localité géographique, mais aussi de religion.

En tentant de déconstruire la prénotion (Gaxie, 1987) de « la jeunesse de la révolution », ce papier a pour objectif d’étudier les modalités de l’engagement politique chez des jeunes coptes, qui fonderont, en mars 2011, avec d’autres jeunes l’union de Maspero. Un mouvement qui se réclame de la « jeunesse de la révolution ». De ce point de vue, l’étude de ce mouvement constitue une démonstration d’un cas du possible de ce qui pourrait être une jeunesse parmi les jeunesses de la révolution. Partant, nous devons nous interroger sur l’inégalité de politisation, non plus en termes de degré de compétence qui répondrait à l’équation savoir/pouvoir, mais plutôt en analysant les processus de politisation dans ses diversifications, pouvant donc engendrer des capacités d’action. Dans une société où l’indicateur de la religion devient un facteur constitutif de la nation égyptienne (Guirguis, 2011), comment peut-on comprendre les différents processus de politisation chez une minorité religieuse ? Dans quelle mesure la socialisation d’un groupe et d’individus, au sein d’une société fragmentée par des différences socioculturelles peut produire une politisation différentielle ? Comment organisent-ils leur action et quel est le rapport qu’ils entretiennent avec les autres groupes politiques ? Et enfin, comment cette catégorie réinvite son action et son espace ?

26 Mai

9h30 – 10h15

Session 3 : Questions agraires et mouvements sociaux

Max AJL : From Country to City: Tunisia’s Agrarian Question Revisited

The classical agrarian question was a political dilemma of how anti-systemic movements ought to react to the dislocation of the peasantry during the process of capitalist modernization. In the colonies, anti-systemic movements had less of a dilemma. The support of the peasantry was necessary for liberation, and demands for bread and land animated the anti-colonial revolts. But post-colonial states did not always manage to answer these questions in the ways the dispossessed desired. I argue that in Tunisia, the agrarian question is still unresolved. Instead, a portion of it has transformed. And the uprisings of 2010-2011 and 2016 posed it yet again in its starkest form. By tracing processes of colonial and post-colonial population displacement from the Northern Tell to the flash-points of Tunis – Hay Tadhamon, Kram, the working-class neighborhoods which were the beating hearts of the successive uprisings – I show how the agrarian question became a question of slums, resolved, supposedly, by the national liberation movement. In turn, it was simply ignored, as Tunisian post-colonial managers both deepened agrarian crisis in the countryside through the Green Revolution and sharpened the dilemma of urban slums through the population displacements of that agricultural program. Indeed, the Green Revolution simply magnified the social dislocations of colonial mechanized farming. By tracing the continuities between colonial and post-colonial capital-intense farming, I show how the “planet of slums” of Tunis’s suburbs and peripheries is actually simply a new face of an old question, exported to the country’s cities. This paper locates the origins of urban poverty in the colonial and post-colonial development model of Tunisian elites. Furthermore, it locates the concentration of jobless or underemployed populations – the crucial actors in the 2011 and 2016 demonstrations in Tunis and its banlieus – in longue duree structural factors. One cannot understand the revolts of the modern-era without understand their roots in state agricultural policies. In casting light on this connection, I show how rural questions remain with us, unresolved and lingering, in the revolts of the 21st century.

10h15 – 10h45

Pause Café

10h45 – 12h15

Mohamed MAHDI : Un Mouvement social du Moyen Atlas face à la « hogra »

La communication traite d’un mouvement de contestation conduit par de nombreuses associations représentant les populations de montagne du Moyen-Atlas au Maroc. Ces populations vivent dans des communautés tribales (8202 de familles d’agriculteurs-éleveurs et 70.000 habitants) qui ont de tout temps exploité des terres collectives de parcours principalement (158 000 Ha) selon des coutumes séculaires. Ces familles entretiennent un cheptel de 810.000 ovins et de 90.000 caprins ; c’est pour dire combien ces terres collectives sont vitales pour elles. Depuis le protectorat, la gestion de ces terres est soumise à la tutelle du ministère de l’intérieur.

Mais avec l’engagement du Maroc dans un processus de la libération du foncier agricole, ces terres sont accaparés par de nombreux ‘’investisseurs’’ à travers leur cession par les autorités de tutelle.

Les concessions des terres sont réalisées selon des modalités opaques qui ont généré un sentiment de frustrations et d’injustice généralisé exprimé par la notion de L’hogra. Le paradoxe qui les révolte est qu’ils vivent dans une région riche (terres de parcours, terres de culture, gisement miniers, amodiation de chasse, plantes aromatique et médicinale, tourisme …)   mais dont la population reste pauvre à cause du mode de gouvernance de ces ressources. Les femmes et les hommes de cette région sont déterminés d’aller jusqu’au bout de leur lutte faute d’alternative …

Ces cessions ont soulevé des mouvements de protestation des autochtones, organisés dans des associations locales, qui tentent de les empêcher. Ces associations de la société civile revendiquent justice, égalité et droit d’accès aux ressources foncières en organisant des actions publiques : rassemblement, marche, sit in…

L’argument principal de cette communication est que le mode de gestion étatique des terres collectives et des ressources naturelles de façon générale est de plus en plus contesté et soulève une résistance organisée de la part de la société civile qui revendique plus de justice et d’équité et remet en cause les modes de gouvernance de ces richesses communes.

La communication exposera les formes prend cette résistance, le type de revendications et les actions entreprises pour les obtenir, les sources et mode de légitimation de ces revendications, les réponses des pouvoirs publics et les modifications introduites dans la nature du rapport de l’Etat et de la société civile.

Yasmine Berriane : Le mouvement des Soulaliyates : une mobilisation au croisement des revendications économiques et de « droits humains » au Maroc

Depuis la fin des années 1990, le développement du marché foncier et la réalisation de grands projets économiques s’accompagnent, au Maroc, d’une intensification de la marchandisation de la terre qui touche tout particulièrement les terres collectives, une catégorie foncière institutionnalisée à l’époque coloniale. Ce processus a contribué à exacerber des conflits locaux opposant les membres des collectivités « ayant droit » aux revenus générés par l’exploitation et la cession de ces terres aux exclus de ce droit. Dans ce contexte, c’est surtout le conflit opposant les femmes des collectivités aux hommes représentants ces dernières qui s’impose sur la scène publique par l’intermédiaire du mouvement des Soulaliyates. Cette mobilisation qui revendique le droit des femmes de bénéficier des terres collectives est née en 2007 de la collaboration entre i) des groupes de femmes provenant de régions rurales ou péri-urbaines et demandant leur part des revenus générés par la cession de terres appartenant à leur collectivité et ii) les représentantes d’une organisation féministe basée à Rabat, dirigée par des militantes mobilisées, depuis les années 1980, au nom des « droits humains des femmes » et de l’égalité des genres dans la société. Le mouvement né de cette alliance rassemble donc des acteurs issus de classes sociales différentes et combine à la fois des revendications économiques et des revendications de type « droits humains ». Comment fonctionne une telle collaboration et de quelle manière s’articulent les différents objectifs, référentiels modes de protestation portés par les acteurs composant ce mouvement ? Pour éclairer ces questions, je présenterai dans un premier temps la genèse du mouvement en m’intéressant notamment aux différences internes et les rapports de pouvoir qui sous-tendent son fonctionnement. Je m’arrêterai ensuite sur la manière dont le mouvement a réussi à construire un discours commun rassemblant les différents types de revendications avant de m’arrêter, dans une troisième partie, sur les limites de cette mobilisation.

12h15 – 14h

Déjeuner

14h00 – 15h30

Session 4 : Marginalité, chômage et mouvements sociaux

Naoual Belakhdar : Travail, liberté, justice sociale » – perspectives sur le mouvement des chômeurs algériens.

Si l’Algérie est restée à l’écart des dynamiques révolutionnaires du « printemps arabe », n’ayant pas vu émerger de mobilisation de masse en 2011, il serait erroné d’en déduire une désaffectation du politique au sein de la société. En effet, si la participation politique s’est généralement déplacée hors de la sphère institutionnelle, l’espace contestataire algérien est caractérisé par un large registre de protestations (« émeutes » locales, mouvements sociaux, sit-in, grèves…) émanant de catégories socioprofessionnelles diverses, et soulignant la centralité de la question sociale.

Le mouvement des chômeurs émergé dans le Sahara algérien dans le sillage des révolutions arabes, mais puisant dans une longue histoire de militantisme local, est une illustration intéressante du caractère dynamique et contradictoire des relations État-société. Après avoir mobilisé en 2013 plus de 8000 manifestants contre le chômage, la hogra et la tournure néolibérale de l’économie à Ouargla, ce mouvement a beaucoup surpris, se distinguant sur l’échiquier protestataire algérien post-guerre civile – caractérisé par une interdiction de manifester dans la capitale, par des micro-protestations éphémères, ou des tentatives de protestations à caractère explicitement politiques, rapidement cooptées- par son inscription dans la durée ainsi que par sa situation géographique, ébranlant le mythe du « Sud tranquille ». En nous appuyant sur la sociologie des mouvements sociaux et l’anthropologie de l’État et en puisant dans une recherche de terrain intensive menée en été 2013 et en printemps 2014 et 2015 à Ouargla, nous nous proposerons d’explorer dans quelle mesure l’émergence et l’activisme du mouvement des chômeurs, situé institutionnellement et géographiquement « aux marges de l’État »  sont révélateurs des transformations des relations Etat-société en Algérie. Nous tenterons dans ce contexte d’aborder la nature et le cadrage de ses revendications, ses modes de mobilisation, afin d’appréhender notamment les raisons de son inscription dans la durée.

Olfa Lamloum : La contestation à l’épreuve des marges (Tunisie)

A partir de deux enquêtes menées à Ettadhamen-Douar Hicher (Grand-Tunis) et Dhiba-Ben Guerdane (frontière sud-est avec la Libye), mon intervention se propose d’interroger les ressorts de la contestation dans les territoires de la « marge ».

Structurée autour de trois entrée, elle aborde : l’espace de la contestation, ses répertoires, et l’identité commune de ses entrepreneurs.

15h30 – 16h00

Pause Café

16h – 17h30

Session 5

Brecht De Smet : The Labor of Revolution and the Revolution of Labor (Egypt)

The workers’ movement has been one of the main undercurrents of the 25 January uprising of 2011 in Egypt. Since the 2000s workers have been increasingly protesting neoliberal reform, thereby not only challenging state power as an external form, but also their own established trade-unionist institutions and practices. The process of revolution and counter-revolution has deepened and accelerated this process of self-change, creating, reshaping, and disintegrating new forms of independent trade unionism and workers’ subjectivity. In other words, the broad process of revolution and restoration has reconstructed the existing workers’ movement. Conversely, despite the consolidation of the dictatorship in the political domain, the autonomous, often local and peripheral development of labor struggles has provided ‘background continuity’ to the revolutionary process, opening up avenues for a renewal of the fight for democracy in the national sphere. However, the success of this strategy is not assured, as it ultimately depends on the counter-hegemonic convergence of social and political struggles, the forging of alliances between subaltern actors, and the regime’s inability to co-opt, disperse, and repress its adversaries.

Naim Zaidi : Dépolitisation des mouvements sociaux en Algérie

« Les émeutes, phénomène cyclique au Maghreb » est le titre d’un texte produit par René Galissot sur la contestation dans cette partie de l’Afrique du Nord des années avant « le printemps arabe » et la vague de changements politiques qu’avait engendré dans des pays comme l’Egypte, la Libye et la Tunisie à partir de 2011, tandis que d’autres comme l’Algérie et le Maroc ont pu contourner l’effet boule de neige. Cet évitement a été rendu possible grâce notamment à une anticipation par des réformes limitées et contrôlées. Dans le cas de l’Algérie, ces réformes se sont inscrites dans « la gestion » des exigences d’une population qui avait connu à partir de 1989 (après les émeutes d’octobre 88) l’ouverture politique et l’avènement du multipartisme. La société algérienne a fait face également par la suite a une décennie de terrorisme et de violence. C’est sur ces éléments, parmi d’autres, que le régime politique, par sa nature de régime d’Etat (bureaucratico-étatique), a joué pour contrer la vague de protestions qui a failli se propager en janvier 2011 en dépolitisant les mouvements sociaux afin qu’ils ne puissent atteindre le seuil de menacer réellement les fondements du système. Le régime politique avait su/pu mobiliser des ressources propres aux régimes démocratiques et d’autres propres aux régimes autoritaires.

17h30 – 18h : Conclusion

27 Mai

9h30 – 18h00

Journée organisée avec Anna Roussillon

Projections de Films documentaires : 

10h Babylon
(Réal : Youssef Chebbi, Ismaël, Alaeddine Slim / Tunisie / 2012 / 119′)

http://www.fidmarseille.org/index.php/fr/?option=com_content&view=article&layout=edit&id=1132

14h Al-banat dol (Ces filles-là)
(Réal : Tahani Rashed / Egypte / 2006 / 68′)

http://www.studiomasr.com/FilmMain.html

15h30 Fi rassi rond-point (Dans ma tête un rond-point)
(Réal : Hassen Ferhani / Algérie / 2015 / 100′)

http://www.lacid.org/Dans-ma-tete-un-rond-point

Toutes les projections seront suivies d’une discussion.

La salle sera précisée sous peu…

Evénement Facebook https://www.facebook.com/events/1769353716616788/

 

* Le colloque aura lieu à l’Université Paris 8 Vincennes à Saint-Denis

Bâtiment D, salle D003, rez-de-chaussée ;

Station de Métro « Saint Denis-Université », terminus de la ligne 13.

 

[1] Voir par exemple les trois discours de Moubarak pendant les 18 jours d’insurrection où il s’adresse à la jeunesse

[2] Le meilleur exemple est la Coalition des Jeunes de la Révolution qui a été fondée début février 2011, par des représentants des différentes forces politiques.

 

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A propos Habib Ayeb

Géographe et Réalisateur
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