Journées de Clôture du Séminaire : Les Révolutions en Tunisie et en Egypte ; Si On Parlait d’Autres Choses.

Université Paris 8 à Saint Denis

UFR : Territoires Environnements et Sociétés (TES)

***

Journées de Clôture du Séminaire :

 

Les Révolutions en Tunisie et en Egypte ; Si On Parlait d’Autres Choses.

 

 

(Organisé par H. Ayeb, V. Battesti et F. Ireton)

 

 

 

PROGRAMME

 

26 et 27 Mai 2015

à Université Paris 8 à Saint Denis

 

 

Métro Saint Denis Université – Ligne 13.

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Programme de la Journée du 26 Mai : Communications & Discussions 09h45–10h00 : Introduction aux deux journées  10h00–12h30 : Séance 1 : Bilans et Représentations

  • 10h00–11h00 : Gilbert Achcar : « Retour sur le soulèvement arabe : bilan d’une analyse ».

11h00–11h30 : Café

  • 11h30–12h30 : Alain Gresh : « Egypte et Tunisie, ce que les médias occidentaux voient et ce qu’ils ne voient pas ».

12h30–14h00 : Déjeuner 14h00–18h30 : Séance 2 : Mobilisations et Acteurs

  • 14h00–15h00 : Héla Youssfi : « L’UGTT, acteur clé de la transition politique tunisienne : ombres et lumières » .
  • 15h00–16h00 : Maha Abdelhamide : « L’émergence du mouvement contre le racisme anti-noir après la révolution Tunisienne ».

16h00–16h30 : Café

  • 16h30–17h30 : Dina El-Khawaga : «Mobilisation et démobilisation dans l’Égypte de Sissi: saisir les dynamiques de mise en veille, de radicalisation et de désengagement ». 
  • 17h30–18h30 : Sami Zemni : « De la révolution à la Tunisianité : construction d’une nouvelle hégémonie ? ».

Université Paris 8 à Saint Denis. Bâtiment D. Salle D003.  Métro Saint Denis Université – Ligne 13.    

Programme de la Journée du 27 Mai : Films Documentaires & Discussions

10h00–10h30 : Café de bienvenue

10h30–12h30 : Mezzouna, après la chute. Un film de Romain André, Élisa Le Briand, Anna Saint-Araille et Saber Zammouri. (85 min – 2014) 

12h30–14h00 : Déjeuner 14h00–15h30 : Fellahin (Paysans)  Un film de Habib Ayeb & Ray Bush. (39 min – 2014)

15h30–16h00 : Café  16h00–18h30 :  Je Suis le peuple  Un film de Anna Roussillon. (111 min – 2014)  

Université Paris 8 à Saint Denis.

Amphi X Métro Saint Denis Université – Ligne 13.

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Résumés des Communications Maha Abdelhamid, Géographe, doctorante à l’Université Paris 10 Nanterre-la Défense. « L’émergence du mouvement contre le racisme anti-noir après la révolution Tunisienne ».  Le soulèvement qui s’est déclenché le 17 décembre 2010 et s’est poursuivi jusqu’au 14 janvier 2011 a libéré la parole de toutes les catégories sociales en Tunisie. Les langues se sont déliées et les discours sur les valeurs de liberté et de dignité se sont multipliés dans tout le pays. Le climat de liberté conquise a permis l’émergence de nombreuses et diverses questions et causes, jusque là interdites ou considérées comme tabous. Parmi ces questions, il y a eu celle du racisme et particulièrement de la situation et de la place des populations noires. Ainsi, les tunisen.ne.s noir.e.s invisibilsé.e.s et exclu.e.s de toutes le(s) scène(s) nationale(s) et de tous les espaces, politique, économique, médiatique et culturel ont été parmi les premier.e .s à adopter les revendications de dignité, d’égalité, de liberté et de citoyenneté. Il a fallu plus d’un siècle et demi après l’abolition officielle de l’esclavage (1846), pour voir un groupe d’activistes de la société civile s’emparer de la question des noirs et de leur marginalisation en Tunisie. Toutefois, cette question semble demeurer un grand tabou pour une large partie des tunisien.ne.s et est souvent niée au sein même de l’élite urbaine, politique et intellectuelle du pays. Mon papier abordera l’évolution de cette lutte antiraciste en Tunisie et tentera d’en identifier les acteurs principaux. Je tenterai aussi de présenter et de discuter les différents arguments de ceux qui s’y opposent et tentent de la maintenir en dehors des débats sociaux ouverts après la chute du régime de Ben Ali.

Gilbert Achcar, Professeur d’études du développement et de relations internationales à l’Ecole des études orientales et africaines (SOAS) de l’Université de Londres. « Retour sur le soulèvement arabe : bilan d’une analyse ». Le soulèvement arabe a été l’objet d’analyses très diverses depuis l’euphorie de l’hiver 2011, lorsque l’expression « Printemps arabe » s’imposa dans les médias, jusqu’à la sombreur des commentaires actuels et le retour en force des préjugés orientalistes qui les caractérisent. Seule l’analyse du soulèvement de 2011 comme explosion sociale au premier chef, traduisant un profond blocage structurel économique et socio-politique, permettait de le saisir comme moment initial d’un processus révolutionnaire de longue durée, un processus d’autant plus complexe que la région se distinguait par l’existence de puissants courants de contestation réactionnaire et la faiblesse des représentations organisées des aspirations du soulèvement de 2011. On dressera le bilan des événements à la lumière de cette analyse en examinant plus particulièrement les cas de l’Egypte et de la Tunisie.

Dina Elkhawaga, Professeure de Sciences Politiques à l’ Université du Caire. Faculté d’Economie et de Sciences Politiques. « Mobilisation et démobilisation dans l’Égypte de Sissi: saisir les dynamiques de mise en veille, de radicalisation et de désengagement ». Depuis 2011, l’espace public égyptien a vu défiler des centaines, voire des milliers d’actions collectives contestataires, dans les métropoles (Le Caire, Alexandrie) comme en province. Souvent, mais pas exclusivement, initiée par des nouveaux venus en politique, cette montée des politiques de la rue était perçue soit comme des micro révolutions, soit comme des débordements anarchiques. Force est constater à quel point cette prolifération des formes contestataires a constitué à la fois le trait saillant de cette phase révolutionnaire égyptienne et le point d’attaque des élites politiques pour contrer ces modes d’action qui transgressent les formes admises de participation politique. Cette communication cherche à suivre trois de ces groupes pour discerner ce que sont devenus les acteurs de la contestation dans un contexte policé.

Alain Gresh, Journaliste spécialiste du Moyen-Orient et Rédacteur au Monde diplomatique. Il est aussi co-fondateur d’Orient XXI. « Egypte et Tunis, ce que les médias occidentaux voient et ce qu’ils ne voient pas » La couverture médiatique des deux révolutions, égyptienne et tunisienne, de décembre 2010 – mars 2011 a été massive. Des centaines d’envoyés spéciaux occidentaux se sont amassés au Caire et à Tunis. Pourtant, peut-on dire que les opinions occidentales ont été bien informées? Qu’ont-elles appris de cette présence? Ont-elles mieux compris les situations dans ces deux pays?

Héla Yousfi, Maitre de conférences, sociologie des organisations. Université Dauphine. « L’UGTT, acteur clé de la transition politique tunisienne : ombres et lumières ». Mon travail porte sur le rôle de l’UGTT dans la transformation du champ politique tunisien entre le 17 décembre 2010 et janvier 2014.  Je me suis spécifiquement concentrée sur l’ambivalence du rôle de l’UGTT se situant entre luttes sociales, enjeux politiques et négociation d’une nouvelle place dans le nouveau champ politique tunisien, en me basant sur une étude ethnographique couvrant plusieurs secteurs et plusieurs régions. L’histoire de cette organisation post-coloniale m’a servi par la suite pour éclairer les débats actuels.  

Sami Zemni, Professeur de sciences politiques et sociales au Center for Conflict and Development Studies à l’Université de Gand (Belgique). « De la révolution à la Tunisianité : construction d’une nouvelle hégémonie ?» Malgré plusieurs crises et assassinats politiques, ainsi qu’une situation économique difficile, la Tunisie a réussi à négocier un compromis politique qui installe, avec l’adoption d’une nouvelle Constitution en janvier 2014, le pluralisme politique. Après la disparition du président déchu, Ben Ali, la découverte d’une société déchirée par des conflits a conduit à la polarisation du système politique et l’émergence de questions identitaires. La recherche d’un discours politique commun qui pourrait préserver une arène politique partagée dans laquelle seraient débattus des conflits est la preuve que l’idée selon laquelle un ethnos tunisien engendrerait automatiquement un démos de citoyens est problématique. Le discours sur la tunisianité a servi comme discours hégémonique, rendant possible une configuration complexe de domination de classe (reliant les élites urbaines, les classes moyennes et une partie des classes inférieures) dans laquelle un compromis négocié (et non pas un consensus) a remplacé la polarisation des intérêts inconciliables. Comme un antagonisme coopératif entre les principales forces politiques a remplacé les confrontations, la tunisianité a servi d’idée unificatrice pour combler des points de vue opposés sur qui ou qu’est-ce que constitue le peuple. Cependant, la tunisianité et le cri pour le retour du prestige de l’État (haybat ad-dawla) – prétendument «nécessaire» après l’expérience de la Troïka – ont également signalé la possibilité d’une fermeture politique ; c’est-à-dire le rejet et la dé-légitimation de subjectivités politiques qui ne reproduisent ou ne partagent pas le discours sur la tunisianité. Cette présentation veut (a) décrire comment l’hégémonie d’un discours sur la tunisianité a créé les possibilités d’un compromis politique, (b) démontrer comment la tunisianité est utilisé pour délégitimer d’autres définitions du peuple tunisien, et, (c) poser la question de savoir si la tunisianité peut installer une tradition de pluralisme politique ou plutôt servir un nouveau discours autoritaire qui préempte l’émergence de subjectivités politiques alternatives et favorise le consentement organisé à travers des institutions spécifiques qui peuvent toujours être sauvegardées par l’application de la force (contre les grévistes, les gens qui se révoltent, etc.).

***

Films :

– Mezzouna, après la chute Un film de Romain André, Élisa Le Briand, Anna Saint-Araille et Saber Zammouri. (85 min – 2014) SYNOPSIS : Juin 2011, six mois après la chute du dictateur, à Mezzouna, petite ville des régions intérieures de la Tunisie, la vie semble déjà reprendre son cours normal. Après les feux de la révolte, quand se fanent l’intensité et l’unanimité du soulèvement, comment continuer ? Comment poursuivre les promesses qu’un souffle révolutionnaire a laissé entrevoir ?

– Je Suis le peuple Un film de Anna Roussillon. (111 min – 2014) SYNOPSIS : En janvier 2011 en Egypte les manifestations anti-gouvernementales rassemblent des dizaines de milliers de personnes dans les rues du Caire, tandis que les villageois des campagnes du Sud suivent les événements de la Place Tahrir via leurs écrans de télévision et les journaux. Du renversement de Moubarak à l’élection de Mohamed Morsi, le film suit ces bouleversements politiques du point de vue d’un village de la vallée du Nil, près de Louxor. Entre espoirs et déceptions, le changement se fait attendre.

– Fellahin (Paysans) Un film de Habib Ayeb & Ray Bush. (39 min – 2014) SYNOPSIS : Le documentaire montre les dimensions oubliées des soulèvements populaires en Egypte et en Tunisie. Il souligne l’importance de l’ingéniosité et du courage des paysans et leurs places et rôles dans les bouleversements économiques et politiques récents et leur offre l’opportunité d’exprimer leurs espoirs et leurs craintes. Le film montre que les fellah-s ont un fort sens de l’analyse des défaillances des politiques de développement rural en Egypte et en Tunisie.

Affiche 26 & 27 mai 2015 Révolutions, Paris 8 #3

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A propos Habib Ayeb

Géographe et Réalisateur
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