Les bouts de baguette des militaires et les dimensions sociales de la révolution.

Les bouts de baguette des militaires et les dimensions sociales de la révolution.

 

@Habib Ayeb

Le 14 janvier 2011, j’étais avec des milliers de tunisiens devant le ministère de l’intérieur, situé au bout de l’avenue Bourguiba à Tunis. A quelques mètres de là sur la place de l’horloge, se tenaient des dizaines de militaires, dont un certains nombre de hauts gradés. Ils observaient la situation sans intervenir directement et à ce moment précis, personne ne savait de quel coté ils penchaient.

Pendant que les manifestants criaient « dégage, dégage » en fixant des yeux le ministère en face, un militaire haut gradé (probablement un général) s’est avancé vers les manifestants en grignotant tranquillement un bout de baguette et s’est faufilé au milieu de la foule. Une fois entouré par les manifestants, il s’arrêta un moment, repri une bouché de baguette, regarda au tour de lui et lança à voix basse « tenez bon, n’ayez pas peur, l’armée est avec vous », avant de repartir rejoindre ses collègues. Le « message » mystérieux traversa immédiatement la foule, accompagné de dizaines de questions : qui était ce militaire ? De qui précisément émanait le message ? Le militaire était-il envoyé par Rachid Ammar, chef des armées ?  Etait-ce un geste personnel d’un homme ou un message codé envoyé par une armée qui aurait déjà décidé de se mettre du coté du peuple ? Etait-ce un piège ? Une provocation pour mieux justifier une répression ? En quelques minutes, j’ai entendu toutes ces questions et bien d’autres, ainsi que les multiples réponses, suppositions… Et la foule reprendri ses cris « dégage, dégage… »

On sait, depuis, la suite des évènements et le rôle que l’armée a joué pour forcer Ben Ali à abandonner le pouvoir et pour « faciliter » une transition, somme toute, pacifique. On sait aussi comment les tunisiens, toutes tendances confondues, ont « célébré » et remercié les militaires. Malgré toutes les dérives et la lenteur de la transition et ses moments les plus difficiles, Rachid Ammar reste encore, aux yeux d’une grande partie de la population, un leader et un « libérateur du peuple ». Certains n’ont pas hésité à le comparer à un De Gaule…

Quelques jours après, je me suis rendu au Caire et précisément à Midan tahrir où j’ai assisté/participé à deux ou trois grandes manifestations – « millionnaires » – avant et après la chute de Moubarak. Je me rappelle encore des cris de la place « El Gueich we Echa3b Eid Wahda » (littéralement, l’armée et le peuple, une seule main), ce qui me semblait une erreur et une aberration. Si je comprenais ce genre de « débordements », induits par l’enthousiasme et la volonté collective d’amadouer l’armée et d’éviter tout affrontement avec elle, cette formule m’a semblé et me semble toujours une erreur politique. L’armée et le peuple peuvent évidemment se retrouver sur des intérêts communs, mais ne seront jamais « une seule main ». La prise du pouvoir par l’armée (rappelez vous du SCAF) et la répression féroce, qu’elle n’a pas hésité à exercer contre les manifestants en allant jusqu’à arrêter des jeunes femmes pour vérifier leur virginité… On se rappelle aussi comment les militaires ont tout fait pour éviter à Moubarak, leur homme, un véritable procès. On sait comment ils ont joué et négocié avec les Frères Musulmans avant de leur céder le pouvoir, en contre partie du maintien de l’ensemble des privilèges politiques et financiers dont ils bénéficient depuis le coup d’Etat (révolution ?) de Nasser…

On connaît la suite de l’histoire, depuis le 14 janvier en Tunisie jusqu’à hier soir au Caire. Des kilomètres d’articles, de livres, de films, ont été « publiés » sur le sujet qui a aussi fait objet de des centaines de rencontres académiques, médiatiques ou « militantes ». Pourtant, à l’exception de quelques rares « analystes » et « politiques », personne n’a parlé de « coup d’Etat » pour évoquer le rôle de l’armée tunisienne et de l’armée egyptienne dans la chute des dictatures de Ben Ali et de Moubarak. Mais nombreux ont souligné et souvent condamné, à juste titre, la prise du pouvoir par l’armée egyptienne et sa politique répressive exercée contre celles et ceux même qui criaient à la veille et au lendemain de la chute de Moubarak « l’armée et le peuple, une seule main »…

Depuis hier soir, on assiste à un scénario comparable à ce qui s’est passé le 11 février 2011. Dans les deux cas, l’armée force le président en exercice à abandonner son poste. Dans les deux cas, l’armée se justifie par le « devoir » de protéger le « peuple » et la « nation ». Dans les deux cas, Midan Tahrir a fait la fête jusqu’au petit matin.

Mais cette fois ci, quelque chose marque une différence. Avant même l’annonce de la destitution du président élu Morsi, beaucoup d’egyptiens, de tunisiens et d’observateurs « étrangers », ont parlé de « coup d’Etat ». Sur d’autres places du Caire, des milliers d’egyptiens ont scandé, en vain, leur soutien à Morsi au nom de la « légitimité ». A cela, plusieurs explications. La plus importante à souligner est qu’indiscutablement rien ne permet de comparer Morsi à Moubarak. Certes les Frères Musulmans et Morsi, arrivés au pouvoir par une élection « démocratique », ont commis des erreurs politiques et stratégiques monumentales. Certes, ils ont réussi, en très peu de temps, à décevoir ceux-là même qui avaient voté pour eux, il y a à peine quelques mois, les poussant à se ranger dans l’opposition. Certes, Morsi a fait l’erreur « fatale » de n’avoir pas compris l’ampleur de la contestation qui a réussi à réunir des millions (pas moins d’un egyptien sur quatre) dans les places et les rues de toute l’Egypte, le 30 juin 2013. Cette erreur politique lui coûte aujourd’hui son poste, grâce/à cause de l’armée qui a tiré la « bonne » leçon de la manifestation monstre du dimanche dernier (30 juin).

L’armée en profite, encore une fois, pour revenir au devant de la scène. Ce sont là les arguments de celles et ceux qui parlent, depuis hier, de « coup d’Etat ».

Pourtant, sans faire aucune comparaison ni rapprochement entre un Morsi élu et un Moubarak, dictateur qui « s’est élu tout seul », je ne vois pas une différence politique fondamentale entre le rôle joué par l’armée Egyptienne hier et celui joué par la même armée le 11 février 2011. Dan les deux cas, l’armée a pris « sa » décision de changer les règles du jeu, en forçant le pouvoir à laisser sa place. Ni hier ni aujourd’hui, l’armée ne s’est découverte une « âme » révolutionnaire. Ni hier ni aujourd’hui, l’armée n’abandonne ses privilèges. Ni hier ni aujourd’hui l’armée n’a l’intention de « donner » le pouvoir au peuple en révolution. Ni hier ni aujourd’hui l’armée ne semble avoir compris qu’on assiste à de véritables processus révolutionnaires profonds, longs et complexes qui se nourrissent depuis des années et pas seulement depuis 2011, des privations politiques, sociales et économiques, dont souffre une large partie de la population. Aujourd’hui, comme hier, l’armée egyptienne tentera d’imposer sa propre vision, sa propre stratégie et sa propre « lecture » de l’histoire et de la société.

Au mieux elle se contentera d’un transfert « bien négocié » du pouvoir à des « civiles ». Au pire, elle retentera de jouer directement, comme elle l’a fait au lendemain de la chute de Moubarak, avec les conséquences et les résultats qu’on connaît.

Dans tous les cas, hier l’intervention de l’armée ne mettra pas fin aux processus révolutionnaires en cours. Qu’elle cède le pouvoir ou qu’elle s’accroche, on assistera, sans aucun doute, à de nouvelles manifestations et à de nouvelles mobilisations contre le pouvoir qui se sera installé.

Pourquoi ?

La réponse, est dans une « bonne » analyse du tammarod (le mouvement de rébellion, qui a recueilli plus de 22 millions de signatures, d’après ses « animateurs »). Il faudra certainement plus de temps et plus de recul pour proposer de vraies analyses qui en abordent l’ensemble des dimensions. Mais il me semble déjà possible de proposer quelques pistes de réflexion. Les 22 millions de signataires, dans un pays qui –ne – compte – que- 82 millions de citoyens, dépasse très largement « l’élite » egyptienne et même l’ensemble de la « classe moyenne » supérieure. Ce nombre, n’aurait jamais pu être atteint sans l’adhésion massive de millions d’egyptiens issus des couches populaires, avec ce qu’elles comptent de paysans, de chômeurs, de travailleurs à bas revenus, d’exclus et de marginalisés. J’oserai même penser que la majorité des signataires mobilisés dans ce mouvement contestataire est certainement d’origine « populaire ». Nombre d’entre eux avaient de toute évidence voté pour les FM et pour Morsi.

Mais ce qui me semble aussi important à souligner et à bien analyser, si l’on veut comprendre ce qui s’est passé ces trois derniers jours, c’est l’origine de la déception de ses millions d’egyptiens qui sont descendus dans la rue le 30 juin. Depuis le milieu des années 2000 et jusqu’à aujourd’hui, en passant par janvier et février 2011, la contestation sociale ne s’est jamais arrêtée et n’a cessé de s’accroitre jours après jour et semaine après semaines. Si l’on se limite à la période post-Moubarak, des centaines de grèves et de sit-in ont été organisés chaque semaine du Caire au dernier village egyptien (on assiste à la même chose en Tunisie). Les contextes changent d’un lieu ou d’un secteur à un autre, mais les demandes sont toujours les mêmes : revenus, travail, services, ressources, logements, infrastructures, hôpitaux, écoles et Dignité. Tous les gouvernement successifs ont tenté de les interdire, de les réprimer ou d’y répondre avec des concessions provisoires et ciblées, sans réussir à les arrêter, bien au contraire.

J’ai eu la chance d’être en Egypte, il à peine quelques semaines, et j’ai pu constaté, non sans surprise – je dois l’avouer –l’ampleur de la mobilisation pour Tamarrod, notamment dans les petits villages ruraux. J’ai passé plusieurs jours à sillonner le Delta et le Fayoum, pour les besoins d’un travail en cours, et j’ai pu réaliser ainsi combien ce mouvement dépassait très largement les centres urbains, les classes moyennes aisées et les « élites ». Je ne me rappelle pas d’une seule fois où les personnes rencontrées (sur rdv ou spontanément), notamment des paysans, n’aient pas exprimé leur insatisfactions et leur mobilisation contre le pouvoir des FM et de Morsi, alors même qu’un grand nombre d’entre eux avaient voté pour ces derniers lors de toutes les élections organisées depuis 2011. Ces personnes ne sont pas devenues moins – ni plus – religieuses.  Mes interlocuteurs ne se sont pas découverts des « tendances » rebelles et encore moins révolutionnaires. J’oserai même affirmer qu’ils n’ont pas de revendications particulières concernant les libertés politiques et individuelles.

Non, ils ont juste l’impression d’avoir été oubliés dès le lendemain des élections. Ils vivent moins bien et gagnent leur vie beaucoup plus difficilement qu’avant. Ils se sentent tous, ou presque, encore plus exclus qu’avant. A chaque fois, ils se sont précipités pour nous montrer leur « feuille » d’adhésion à tamarrod. Ce sont ces gens là qui ont remplis les rues et les places egyptiennes le 30 juin. Ce sont ces gens là, qui participent à maintenir et à nourrir le processus révolutionnaire, parce qu’ils sont convaincus de leur droit à une vie « digne »… parce qu’ils ont des demandes sociales et économiques qu’ils savent incontestables… parce qu’ils mettent un contenu clair dans le mot « droit ».

Que certains politiciens, observateurs, journalistes, militaires, experts et chercheurs ne les voient pas et les ignorent intentionnellement ou non, ça n’a rien d’étonnant ni de surprenant… Mais on peut toujours compter sur toutes celles et ceux qui militent pour l’ensemble des droits politiques, certes, mais aussi/surtout économiques, sociaux et environnementaux pour empêcher des dictatures de s’installer durablement dans cette nouvelle Egypte. S’ils continuent à les ignorer, les responsables d’aujourd’hui, en uniforme ou en « civile », n’auront jamais la paix des « vainqueurs ».

Comme hier, il y aura de nouveaux 14 janvier, de nouveaux 11 février et de nouveaux 3 juillet en Egypte, en Tunisie et fatalement ailleurs.

Même si ça lui ressemble fort par beaucoup d’aspects, ce qui s’est passé hier n’est un pas un coup d’Etat militaire. Les militaires n’ont pas choisi d’agir, ils y ont été forcés et obligés par les millions d’egyptiens qui ont manifesté et manifestent encore massivement depuis dimanche 30 juin 2013.

Ce qui s’est passé hier n’est pas la « seconde » révolution. Ce qui s’est passé hier, c’est juste le processus révolutionnaire qui continue beaucoup plus pour de véritables droits justes que contre Morsi, hier, ou Ghannouchi, demain.

 

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A propos Habib Ayeb

Géographe et Réalisateur
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3 commentaires pour Les bouts de baguette des militaires et les dimensions sociales de la révolution.

  1. Mabrouk Jebahi dit :

    J’ai lu ce papier avec beaucoup d’intérêt. J’y trouve une réflexion qui cherche à garder une distance vis-à-vis le poids de l’actualité. Pourtant, j’ai pas trouvé une réponse à une question très simple : pourquoi 30 juin et 3 juillet ont eu lieu ? Pourquoi en Egypte comme en Tunisie nous avons eu besoin – et nous en aurons peut être pour longtemps – de « sauveurs » civils ou militaires ?
    Mon ami, l’auteur de ce papier, raconte ce qu’il a observé le 14 janvier 2011 à Tunis. Je lui demande de nous raconter également ce qu’il a observé et subit le 25 mars 2012 à Tunis également, et à l’avenu Bourguiba précisent. Je me permet de raconter un peu ce que s’est passé : nous étions ensemble, avec d’autre amis, sur la terrasse du café l’Univers à l’avenu Bourguiba. Il y’avaient un rassemblement des salafistes sur le lieu. Des véhicules circulent avec de drapeaux noirs, en scandant un mot d’ordre inventé par Wajdi Ghoneym : moutou bi-ghaydhkom ; il s’agit d’un message destiné aux laïques, aux modernistes, aux gauchistes, bref, au non islamistes, et ce pour dire « vous allez mourir d’inquiétude ». Soudains, un jeune barbu s’est approché de nous et nous a menacé de Kaças (c’est-à-dire la mort et la pondaison selon les prescriptions de la Charia). Ni moi ni Habib nous étions capables de se défendre physiquement contre cette agression ou cette tentative d’agression. Mais moi comme lui nous étions sure que ce rassemblement des salafistes violents était noyauté et manipulé par le parti islamiste d’Ennahdha au pouvoir depuis les élections de 23 octobre 2011. A ce moment, le nouveau pouvoir islamiste, « élu démocratiquement », se préparait de facto à pratiquer une politique de terreur contre l’opposition. Les événements de 9 avril 2012 et la compagne de répression menée par le ministre de l’Intérieur Ali Layraidh contre les manifestants dans ce haut lieu de la révolution en sont la preuve. Moi et mon ami et cousin Habib Ayeb, auteur de ce papier, nous nous rappelons encore de ce jour. Qu’on se rappellent alors, pour l’amour de dieu d’un autre fait, claire comme le jour : nous avons commis une erreur capitale lors de l’élan révolutionnaire de 2011 contre le régime dictatorial… nous avons oublié un piège mortel, les islamistes ! Le 25 mars 2012, moi et Habib Ayeb nous avons subit concrètement le risque de cet erreur… le risque d’être agressé et battu par les salafistes, ces protégés du pouvoir post-révolutionnaire, « élu démocratiquement. ». Ce jour là, un privilège pourrait nous garder à l’écart de ce risque : avoir la nationalité américaine ou française ! (Celui du Qatar ou de l’Arabie Saoudite ne suffit pas !). Par ce privilège, nous serons des « citoyens de la République » et pas des « sujet du califat ou de la république islamique »… par ce privilège nous serons bien protégé !? Nous aurons la libres de se déplacer entre Tunis et le Caire, mais également entre le deux villes, capitales de soit disant « Emir des croyants », et Paris, capitale de la république laïque ! Je ne suis pas entrains de raconter n’importe quoi. Je suis entrains de mettre le doits sur ce que nous a manqué/ sur ce que nous avons oublié le 14 janvier, le 11 février et le 23 octobre. Tant que j’ai pas ce précieux privilège que la plupart des leaders actuelles possèdent, un passeport français, britannique ou américain, je serais constamment dans la peur et l’angoisse, je serais terrorisé par l’idée que les islamiste arrivent un jours a instaurer un « Etat religieux » et une théocratie « élu démocratiquement ». Une fois ce projet est une réalité, je serai certainement dans l’enfer. Je serai privé de ma liberté privée. Je n’aurais plus de rêves à part celui de croiser un jour le bon Emir des croyants !
    Revenons à cet article de Habib ; Il parle à juste titre de l’injustice sociale, de pauvres et de marginaux qui n’ont rein gagné de la révolution. Qui a bénéficié de la révolution ? Est-ce que c’est la classe moyenne ?
    Le seul bénéficiaires de la révolution ce sont ceux qui ont occulté la dimension sociale de ce « processus ». Qui a occulté cette dimension ? Qui a inventé ce débat meta-physique sur « ’identité arabo-islamique » de l’Etat et de la société ? Qui est derrière ce polémique moyenâgeux sur la charia ? Qui sont ce imbéciles qui ont soulevé tout ces questions maigres, médiocres, et réticules ?
    Que devrons faire pour revenir aux questions réelles ? Comment peut-on barrer la route aux islamistes et les empêcher de nous entraîner dans des batailles interminables contre les moulins de vent !?
    NE PAS DESSOCIER LES COMBATS.Oui mon ami. !! Les marginaux et les pauvres sont dans la déception. Les intellectuels ne pouvaient pas et/ou ne voulait pas peut être faire quelques choses pour eux. Mais si il y’en avaient quelques-uns parmi les intellectuels qui voulaient réellement le bonheur et le bien-être de ces « combustibles de la révolution ». Que ces intellectuels cessent – pour l’amour de Dieu – de considérer les islamistes comme de partenaires de la révolution. Les islamistes ne sont pas et ne pouvaient jamais êtres nos partenaires de la révolution, ni nos partenaires de la démocratie, ni nous partenaire de l’Humanisme. Il serait donc de dissocier le combat contre l’injustice sociale du combat contre le fascisme. C’est pour cette raison que j’applaudis la destitution de Morsi, « élu démocratiquement » ! Si au Caire on a négocié un alternative au fascisme avec Essissi, et à Tunis on négocie le même alternative avec Essebsi, ce n’est pas parce que nous somme lèches ou middle classe ou bourgeois (certes quelque part nous sommes ainsi), mais parce que nous n’avons pas le moindre garanties contre la dictature islamistes. Pour aboutir un jour à la justice sociale, il n’y qu’un seul passage obligé : la LAICITE et LA REPUBLIQUE LAIQUE ! Les « camarades » qui sous sous-estiment encore le péril islamo-fasciste me rappellent un type imbécile parmi les écologistes qui reproche aux somaliens d’avoir accepter les aides alimentaires, parce que ces produit sont génétiquement modifiés !!??

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  2. Habib Ayeb dit :

    Merci l’ami. Je ne partage pas tout le commentaire, mais je l’ai approuvé pour enrichir le débat.
    Amitiés
    H.A

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  3. Albert Du Schnock dit :

    Salut et fraternité !
    Je partage à 150 % tes derniers paragraphes (et en gros de 90 à 100 % les autres). Mais tes derniers paragraphes me paraissent capitaux… en un mot : la justice sociale doit être l’obsession absolue de tout régime démocratique (on tentant de l’être, car rien n’est jamais joué dans ce domaine) et c’est d’abord un progrès vers cette justice sociale concrète, qui améliore la vie de tous les jours, que veut l’immense majorité des signataires de tamarrod (même s’il n’y a eu que 5 millions, 10 millions et non 20, de signataires – je n’en sais rien et ce n’est pas l’essentiel – une énorme partie d’entre eux appartient à ce qu’il est convenu d’appeler « les classes populaires », rurales ou urbaines, comme tu le soulignes, et c’est fondamental). Tout le reste (j’oserai dire : même les libertés et l’Etat de droit!) n’est qu’instrumental par rapport à cet objectif de justice sociale, surtout quand l’urgence est absolue, comme en Egypte. Car comme le dit A. Sen, (1) un Etat non démocratique (populisme, paternalisme, voire fasciste) peut améliorer le sort matériel de « sa » population, mais à long terme, tout sera réversible, il ne fera jamais que favoriser des(ses) clients et il « lâchera » le peuple dès que ce dernier ne sera plus nécessaire à son assise comme Etat non démocratique et (2) si l’on conçoit le « Development as freedom », la poursuite de la justice sociale, c’est du même coup celle des « libertés réelles, substantielles », les libertés d’avoir les moyens de mener la vie que l’on veut mener dans les respect des libertés d’autrui à mener aussi celle qu’il veut mener). C’est pas un « détour philosophique », c’est très concret…
    Donc, impératif de justice sociale concrète et, comme dit encore Sen dans « L’idée de justice » (sociale), l’essentiel c’est « moins d’injustice » ou « plus de justice » et non pas l’avènement de « La justice sociale » ; et « plus de justice sociale », c’est le cri des millions de « tamarrodistes » de « petites classes moyennes » et de classes populaires… Honnêtement, je ne suis pas sûr que ce soit celui de nos amis révolutionnaires sans lesquels rien n’auraient démarré et dont il serait obscène de ma part de critiquer l’engagement ; mais il faut qu’ils soient conscient aussi que c’est cela que veulent « les gens » et cela, c’est évidemment aussi cette « karama » bafouée quotidiennement par des conditions de vie insupportables. Mais une fois qu’on a dit tout cela… l’immense travail reste à faire…
    Quelle forces politiques égyptiennes, mêmes fédérées dans la réalisation obsessionnelle de ce but (« moins d’injustice sociale »), peuvent sortir 60 millions d’Egyptiens de la spirale de l’appauvrissement et de l’accroissement des inégalités de revenus, d’accès à la santé, à l’éducation, etc.??? Et comment ? Et avec quels moyens et quelles stratégies ? C’est un défi monumental et en même temps le seul qui compte ! Mais qui s’en soucie vraiment parmi les « élites » politiques et technocratiques égyptiennes, de quelque poil qu’elles soient ? Qui s’en soucie vraiment dans les organisations internationales, toujours prêtes, sitôt que la « situation sera un peu stabilisée » (quand ???), à descendre avec leurs doctrines, leurs dossiers, leurs prêts et leurs recettes clé en main ? En ce moment, c’est la descente vers le gouffre d’un côté et c’est la panoplie néo-libérale (ou presque) de l’autre (regarde dans le domaine que nous connaissons un peu : le secteur agricole…) et qui propose ou travaille à des alternatives crédibles aux solutions néo-libérales (même un peu « revisitées ») pour sortir le peuple égyptien de ce gouffre ??? Ce ne sont pas les slogans « alter » abstraits qui convaincrons « les gens »… On va sans doute un de ces quatre finir par sortir un « Plan Marshall » pour l’Egypte…
    Bon, j’arrête là…

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